2,6 milliards d’économies : comment le gouvernement Macron a continué d’essorer les hôpitaux

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Emmanuel Macron et Olivier Véran ont exprimé des regrets limités sur la politique de santé menée depuis 2017, affirmant ne pas être allé « assez vite ». En réalité, le gouvernement a surtout maintenu une intense cure d’austérité dans les hôpitaux, contraints de réaliser 2,6 milliards d’économies en 2018 et 2019.

Un mea culpa en trompe-l’œil. En visite à l’hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière vendredi 15 mai, Emmanuel Macron a semblé faire amende honorable sur sa politique de santé : évoquant une « erreur dans la stratégie », il s’est dit prêt à investir, notamment pour « mettre fin à [la] paupérisation » des soignants. Des concessions qui n’en sont pas vraiment, puisqu’elles consistent avant tout à regretter de ne pas avoir tenu la cadence pour conduire les réformes d’ampleur annoncées depuis fin 2018. « C’était une super stratégie, mais à faire dix ans plus tôt », a résumé le président. En réalité, plutôt que de n’être pas allé « assez vite », l’exécutif est surtout responsable d’avoir imposé des restrictions drastiques aux hôpitaux : 2,6 milliards d’économies en 2018 et 2019 à travers les lois de financement de la sécurité sociale (LFSS), qui se sont traduites par une baisse du nombre de lits et une fonte de la masse salariale. Et les mesures annoncées depuis 2018 ne représentent qu’un répit relatif, que d’autres mesures de coupes pourrait largement éclipser.

En plus de promettre de nouveaux moyens, Emmanuel Macron s’est employé dernièrement à défendre la politique de santé menée jusqu’alors par son gouvernement. « On a réinvesti pour la première fois depuis 15 ans dans l’hôpital. C’est la première fois, avant les mouvements en 2018, qu’on met fin à la baisse du tarif hospitalier »,a-t-il ainsi martelé le 15 mai auprès de soignants de la Pitié-Salpêtrière. Le président fait ici référence aux montants remboursés à travers la « tarification à l’activité » (T2A) – mis en place en 2004, ce système organise le financement des hôpitaux à partir du nombre et du type de soins qu’ils effectuent : un prix (ou « tarif ») est attribué d’année en année aux différentes opérations, qui sont comptabilisées par les établissements pour servir au calcul de leurs dotations. Dans la même veine, le ministre de la Santé a affirmé dimanche 17 mai que l’exécutif n’avait pas « emprunté une mauvaise route » : « Nous avons inversé la tendance sur les dépenses de santé et relancé l’investissement », a fait valoir Olivier Véran dans une interview au JDD.

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