Macron renonce à sa retraite de chef d’Etat, l’opposition relativise

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Emmanuel Macron a fait savoir samedi soir qu’il ne comptait pas bénéficier de sa future retraite d’ancien président de la République. Une annonce qui n’a pas manqué de faire réagir ses adversaires politiques.

« Un luxe que tout le monde ne peut pas se payer », « démagogie! », « une énième opération de communication » : en pleine crise sur la réforme des retraites, des responsables de gauche comme de droite ont relativisé dimanche le renoncement d’Emmanuel Macron à toucher sa future pension d’ancien chef de l’Etat.

« Vous qui aurez des retraites de misère, de quoi vous vous plaignez ? Suivez l’exemple du roi ! (Qui lui a plein de points dans sa besace grâce à la banque Rothschild !) », a ajouté l’eurodéputée LFI Manon Aubry sur Twitter.

« C’est insupportable, il n’y a que les grands seigneurs, les très riches, les importants qui peuvent se permettre ce genre de libéralités », a dénoncé le chef de file de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon sur BFMTV.

« Il a les moyens de se passer d’une retraite de 6.000 euro, mais la plupart des gens n’ont pas ces moyens, personnellement je ne les ai pas (…) « Qu’est ce que ça veut dire ? Je renonce à ma retraite et donc vous aussi vous pourriez y renoncer », a-t-il ajouté, dénonçant la « démagogie » du président.

« Que le président de la République, les ministres, les parlementaires soient alignés au régime général, c’est la moindre des choses », a relativisé à son tour le secrétaire national du PCF et député Fabien Roussel dans l’émission « Le Grand rendez-vous » sur Cnews et Europe 1. « Qu’on mette fin à ce type de privilège, enfin! ».

Mais le renoncement du président de la République, « c’est quand même un luxe que tout le monde ne peut pas se payer », a-t-il relevé, « quand, lui, a touché 2,4 millions en 18 mois à la banque Rothschild » et « payait l’impôt sur la fortune » avant de « se le supprimer » lorsqu’il est arrivé au pouvoir.

Pour le patron du PS Olivier Faure, le fait « que le président renonce à l’un de ses privilèges, très bien ». « Mais la retraite des Français n’en est pas un », a-t-il ajouté.

La présidente du groupe PS à l’Assemblée nationale Valérie Rabault a, elle, évoqué une « drôle de façon de présenter les choses » de la part de l’Elysée: « 1. Le Gouvernement veut supprimer les régimes spéciaux 2. Le régime de retraite du Président de la République est en quelque sorte un régime spécial 3. Donc y a-t-il quelque chose d’extraordinaire à s’appliquer ce qu’on préconise pour les autres ? », a-t-elle demandé sur Twitter.

L’ancienne ministre socialiste Ségolène Royal a pour sa part considéré que « la vraie question c’est de savoir s’il renonce à retourner après l’Elysée dans le monde du business mondialisé avec les énormes retraites chapeaux qui vont avec et dont les montants sont sans commune mesure… »

A droite, le président de Debout la France, Nicolas Dupont-Aignan a dénoncé une « énième opération de communication » « Je ne doute pas que les fonds de pensions auxquels il offre le marché des retraites lui assureront un pantouflage doré ou des conférences bien rémunérées! », a-t-il insisté.

L’Elysée a confirmé samedi qu’Emmanuel Macron renonçait par avance à sa future retraite d’ancien président de la République, équivalente au salaire d’un conseiller d’Etat, soit 6.220 euros bruts mensuels, devenant ainsi le premier président à renoncer au bénéfice de la loi du 3 avril 1955.

Emmanuel Macron, qui a fêté ses 42 ans ce samedi, a également décidé de ne pas siéger à l’avenir au Conseil constitutionnel dont les anciens présidents sont membres de droit à vie, avec une indemnité de 13.500 euros. Ce qui n’a rien de nouveau pour un président, futur retraité ou pas. François Hollande avait décidé de renoncer à cette pratique, tandis que Nicolas Sarkozy y avait été contraint par ses ennuis judiciaires.

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